Principaux objectifs :
La mission menée en janvier 2025 visait à identifier les matériaux utilisés dans la construction des marae, structures traditionnelles polynésiennes à fonctions religieuses et sociales. Ces travaux contribuent à une meilleure compréhension de l’histoire de la formation des motu ainsi que des interactions passées entre les sociétés humaines et leur environnement.
Résumé des actions de terrain et résultats préliminaires :
Des investigations ont été réalisées sur les motu Onetahi et Tiaraunu afin de caractériser les matériaux composant les marae et les sédiments locaux. Les analyses montrent que ces structures sont majoritairement constituées de dalles calcaires et de fragments coralliens issus notamment de coraux, d’algues rouges et de mollusques, naturellement cimentés pour former ce qui est communément appelé le beach-rock.
La composition varie toutefois selon les sites. Certains marae présentent des assemblages entièrement formés de colonies coralliennes, dominées par le genre Porites, tandis que des galets, blocs coralliens et fragments volcaniques ont été observés plus ponctuellement.
Plusieurs sondages ont également permis d’étudier la stratigraphie des sédiments constituant les motu. Les dépôts sont principalement composés de sables et graviers coralliens, et atteignent la lentille d’eau douce située entre 1,60 m et 1,70 m sous la partie sommitale des îlots.
Ces observations suggèrent que le choix des matériaux résultait d’une sélection volontaire par les anciennes populations, adaptée aux ressources disponibles et aux contraintes locales.
Perspectives :
De nouvelles observations ont mis en évidence de vastes zones couvertes de blocs coralliens et récifaux, probablement déposés par des événements marins majeurs tels que des tempêtes ou des cyclones anciens. Leur datation permettra de reconstituer la chronologie de ces événements au cours des derniers millénaires.
À terme, ces travaux pourraient contribuer à la création d’une base de données régionale sur les événements extrêmes passés, offrant un outil précieux pour mieux anticiper les risques liés au changement climatique dans les îles basses du Pacifique.