
Un bec crochu, plus de deux mètres d’envergure et une poche rouge sous la gorge : la frégate du Pacifique impose sa silhouette dans le ciel.
- Noms locaux
- ’Otaha
- Milieu
- Motu et rivages
- Autres noms
- Frégate du Pacifique
Portrait de l’espèce
Le guide la présente comme le plus grand oiseau marin de Polynésie française. Son long bec se termine par un crochet et son envergure peut dépasser deux mètres. Le mâle est sombre, avec des barres brunâtres sur le dessus des ailes et une poche rouge sous la gorge, gonflée pendant la parade. La femelle porte un cercle rouge autour de l’œil et une large zone blanche allant du cou à la poitrine. Chez les jeunes, le ventre clair s’accompagne d’une tête et d’un haut de poitrine allant du pâle au roux ; le plumage change avec l’âge.
La frégate capture poissons volants et calmars à la surface. Son plumage supporte mal une immersion prolongée : elle ne plonge donc pas pour poursuivre une proie. Le guide mentionne aussi les crabes, les œufs et les tortues émergentes dans son alimentation, tout en précisant que la prédation sur les tortues n’avait pas été observée à Tetiaroa.
Elle poursuit également d’autres oiseaux jusqu’à ce qu’ils lâchent ou régurgitent leur prise. Ce vol de nourriture, appelé kleptoparasitisme, demande un long apprentissage aux jeunes.
La reproduction peut commencer en toute saison. Le grand nid se trouve le plus souvent dans un arbre ou un arbuste côtier, à plusieurs mètres du sol, mais parfois directement au sol. Les parents couvent un unique œuf blanc pendant environ 55 jours. Le poussin reste au nid quatre à cinq mois et peut encore être nourri pendant six mois ou davantage après son premier vol. Le cycle complet peut dépasser une année, ce qui rend les îles tranquilles particulièrement précieuses.
Le guide signalait l’espèce dans la moitié nord de Tetiaroa et estimait ses effectifs à environ 100 individus en 2014, sans présenter ce chiffre comme un nombre de couples.
Dans les traditions polynésiennes citées par le guide, les frégates sont des oiseaux sacrés. Elles incarnent ‘Oro, dieu de la guerre et fils de Ta‘aroa.
- Gouni A., Zysman T., 2011. Oiseaux du Fenua, Tahiti et ses îles. Téthys Editions
- Henry T., 2004. Tahiti aux temps anciens. Publications de la Société des Océanistes
- Société Ornithologique de Polynésie – Manu



