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Mammifères marins

Globicéphale tropical

Globicephala macrorhynchus

Le Globicéphale est présent toute l’année spécialement aux Marquises, Tuamotu, Société et Australes.
Photo : Ton Knight

Une vie de plusieurs décennies au sein d’une famille soudée : chez le globicéphale, les liens sociaux comptent autant que les plongées profondes.

Milieu
Au large

Portrait de l’espèce

Le globicéphale tropical appartient à la famille des dauphins. Son front globuleux ne présente pas de bec saillant, et sa nageoire dorsale, à base large, se trouve assez en avant sur le corps. Noir à brun sombre, il porte une selle grise derrière cette nageoire.

Les adultes pèsent environ une à trois tonnes. Le guide donne des longueurs typiques d’environ 3,7 m pour les femelles et 5,5 m pour les mâles, les plus grands mâles atteignant près de 7,3 m ; la fourchette française de 3,5 à 6,5 m décrit des tailles plus habituelles.

Le guide signale des globicéphales toute l’année, notamment aux Marquises, aux Tuamotu, dans la Société et aux Australes, au large comme près des côtes. Il décrit des rapprochements des récifs pendant la saison des baleines à bosse, de juin à novembre, avec des interactions entre les deux espèces.

Ils chassent surtout les calmars, souvent la nuit, ainsi que des pieuvres et des poissons. Les plongées alimentaires atteignent couramment 300 m ou davantage ; la fiche locale décrit des immersions autour de 600 m et des apnées pouvant durer 30 minutes. En déplacement ou en recherche de nourriture, les groupes peuvent s’étaler en lignes d’environ un kilomètre.

Le guide rapporte aussi des prélèvements d’appâts ou de poissons pris sur les lignes de pêche tahitiennes, les animaux utilisant l’écholocalisation pour chercher leur nourriture. Ce comportement peut les opposer aux pêcheurs et ne les met pas à l’abri des hameçons ni des emmêlements.

Les groupes s’organisent autour de femelles apparentées. Leur taille varie : la fiche française décrit 10 à 40 animaux autour des îles, et l’anglaise donne 25 à 50 individus comme taille courante. Les femelles peuvent rester toute leur vie dans leur groupe natal, tandis que les mâles le quittent plus souvent. Un mâle peut s’accoupler avec plusieurs femelles ; le guide cite, dans certains groupes, environ un mâle adulte pour huit femelles adultes.

Les femelles âgées occupent une place importante. Elles peuvent vivre autour de 60 ans ou davantage, contre quelque 40 à 45 ans pour les mâles. Certaines survivent longtemps après la fin de leur vie reproductive. Cette particularité n’appartient pas seulement aux globicéphales et aux humains : elle existe chez plusieurs autres cétacés à dents.

La force des liens sociaux peut contribuer aux échouements collectifs, sans que le fait de suivre un meneur explique chaque événement. Le guide rapproche le nom anglais « pilot whale » de la présence de ces animaux à l’avant des bateaux.

La maturité est atteinte vers dix ans. La gestation dure environ 15 mois et le petit est allaité au moins deux ans. Les femelles mettent généralement bas tous les cinq à huit ans, au sein de la fourchette plus large de trois à neuf ans donnée par la source anglaise. Les naissances s’espacent avec l’âge, et le dernier petit d’une mère peut être allaité jusqu’à 15 ans.

Le récit régional décrit aussi des femelles âgées participant à l’allaitement des jeunes, une autre forme de soins au sein de ce groupe très soudé.

Groupes de 10 à 40 individus près des côtes ou au large de nos îles.
Photo: Tony Hisgett