
Au large du récif de Tetiaroa se poursuit un long voyage commencé dans les eaux nourricières de l’Antarctique.
- Noms locaux
- Tohora
- Milieu
- Au large
Portrait de l’espèce
Megaptera novaeangliae évoque de grandes ailes et la Nouvelle-Angleterre, où l’espèce a été décrite. Ces « ailes » sont des nageoires pectorales de trois à quatre mètres. Le guide indique une longueur adulte d’environ 11 à 14 m pour un poids de 20 à 40 tonnes ; les femelles dépassent généralement les mâles d’environ un mètre.
Les baleines australes passent l’été à se nourrir près de l’Antarctique et constituent les réserves nécessaires à la migration et à la reproduction. Le krill, petit crustacé d’eau froide mesurant environ 2 à 4 cm et pesant autour de 2 g dans la description du guide, est une ressource importante. Les adultes s’alimentent intensément durant quatre ou cinq mois, puis vivent surtout sur leurs réserves pendant le reste du cycle annuel. Les baleineaux continuent, eux, à recevoir du lait.
De juin à novembre, les baleines à bosse viennent en Polynésie française pour s’accoupler, mettre bas, allaiter et se reposer. Elles fréquentent récifs, passes, baies et lagons des îles de la Société, des Australes, des Gambier et des Tuamotu, avec quelques observations aux Marquises. À Tetiaroa, elles sont observées à l’extérieur et autour du récif.
La gestation dure environ un an. Le petit est allaité pendant six à douze mois, et les femelles mettent généralement bas tous les deux ou trois ans. En dehors des couples mère-petit, beaucoup de regroupements sont temporaires.
Une baleine à bosse peut faire émerger une grande partie de son corps hors de l’eau. Sauts, frappes de la queue et battements des nageoires pectorales rythment les zones de reproduction ; les rivalités entre mâles peuvent aller jusqu’au contact physique.
Les mâles chantent aussi des séquences structurées qui évoluent dans le temps. Ceux d’une même population reproductrice partagent souvent un chant, mais celui-ci s’apprend et peut passer d’une population à l’autre : des recherches ont suivi des thèmes depuis la Polynésie française jusqu’à l’Équateur. L’apprentissage et l’adoption de nouvelles séquences restent étudiés ; il ne s’agit pas d’un hymne immuable propre à un groupe génétiquement isolé.
La chasse industrielle a décimé les baleines à bosse de l’hémisphère Sud au XXe siècle. L’ancien guide souligne notamment la période 1920–1966 et des pertes presque totales dans certaines parties du Pacifique Sud. Les statuts menacés qu’il cite pour l’Océanie et la mer d’Arabie concernent des populations particulières, et non un statut identique pour toutes les baleines à bosse.
Les eaux polynésiennes offrent un habitat important pour la reproduction. Autour de Tetiaroa, une baleine peut se reposer, chercher un partenaire ou accompagner un petit ; le récif s’inscrit dans un itinéraire saisonnier bien plus vaste.


